La crise du BTP en Isère

Depuis 2008, la crise que traverse le secteur du bâtiment fait de nombreux dégâts au niveau local. Et ce n’est pas la baisse des dotations de l’Etat aux collectivités locales, entraînant vraisemblablement une diminution des commandes publiques et des projets de chantiers, qui va inverser cette tendance.

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Dans ce contexte tendu, les représentants de la Fédération du Bâtiment et des TP de l’Isère multiplient les rassemblements pour dénoncer leur situation et sensibiliser les élus locaux.

Une situation inquiétante en Isère

Au niveau national, le chiffre d’affaires du BTP a diminué de 25% depuis le début de la crise. L’année dernière seulement, le secteur a perdu près de 28 700 emplois, selon la Fédération Française du Bâtiment (FFB).

En Isère, les projets publics ont diminué de 25% en 2014, par rapport à 2013. La chute de l’activité s’est particulièrement accélérée depuis le 4e trimestre 2014. Antoine Martin, qui travaille pour la plateforme d’appels d’offres France Marchés, a ainsi observé une baisse de 35% des appels d’offres dans le BTP en Isère au 1er trimestre 2015, par rapport au 1er trimestre 2014.

Gilles Courteix, Président de la Fédération du BTP Rhône, précise qu’en un an, « le volume des carnets de commandes est passé de 7 à 3 mois ». Les entreprises du secteur peinent à résister. Près de 1 500 emplois sont menacés d’ici la fin de l’année rien qu’en Isère, dont 600 dans les travaux publics et 900 dans le bâtiment.

La baisse des dotations pour Grenoble

La ville de Grenoble, déjà endettée à hauteur de 1 700€ par habitant, doit faire face à une importante baisse des dotations : « 5,7 millions d’euros en moins pour 2015 et globalement 40 millions entre 2014 et 2017 » selon Eric Piolle, Maire de Grenoble.

Cette diminution conduirait à une baisse des investissements publics « de 20 à 30% en deux ans », selon la Fédération du Bâtiment et des TP de l’Isère dont le secteur des travaux publics est dépendant à 70%.
La mobilisation des acteurs du BTP
Le 11 mars dernier, journée de mobilisation nationale, près de 3 000 acteurs du BTP de l’Isère ont manifesté à Grenoble, du jamais-vu depuis 1992 : « les métiers du Bâtiment et des Travaux Publics sont dans une situation très difficile et perdent chaque semaine plusieurs dizaines d’emplois » expliquent les manifestants. Et « l’immobilisme dans l’agglomération grenobloise suscite des inquiétudes profondes auxquelles s’ajoutent désormais les préoccupations des baisses des dotations d’Etat ».

Les responsables et chefs d’entreprises du bâtiment et des travaux publics se sont ensuite réunis le 2 avril lors de l’assemblée générale de la Fédération du BTP Isère, sous le thème : « La filière du BTP en état d’urgence ». L’occasion d’organiser un « entretien-vérité » entre Éric Piolle, maire de Grenoble et Jacques Chanut, président de la Fédération Française du Bâtiment pour trouver des solutions.

Des solutions pour relancer le secteur

A Grenoble, des réunions sont prévues avec les élus puis avec les citoyens lors de réunions publiques, pour déterminer les priorités.

Mais le BTP Rhône attend surtout des donneurs d’ordre « qu’ils concrétisent rapidement leurs projets, qu’ils lancent les opérations déjà programmées et qu’ils consomment les budgets votés ». En effet, les projets en attente, comme la construction du Center Parcs de Roybon, l’aménagement de l’échangeur routier du Rondeau à Grenoble ou encore l’autoroute A480, paralysent les entreprises mandatées qui ne peuvent pas engager d’autres chantiers.

Des initiatives intéressantes sont mises en place au niveau d’autres régions. Laurent Beauvais, président du Conseil régional de Basse-Normandie, a ainsi proposé « de faire des avances de trésorerie plus importantes. On passe de 5 % à 20 % » pour aider les entreprises du BTP.

Les collectivités locales, les conseils généraux, les agglomérations et les communes doivent maintenant s’associer et s’inspirer de telles initiatives pour préserver les emplois, le temps que la situation se débloque, dans 12 à 18 mois estime la Fédération du BTP Rhône.

En savoir plus :
–    Marchés Publics de Grenoble
–    Marchés publics de l’Isère

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Journaliste de formation, j’occupe actuellement la fonction de rédacteur au sein du réseau des sites Internet de services aux entreprises du groupe Libbre.
Je peux justifier d’une expérience de six ans dans la presse quotidienne angevine au sein de trois quotidiens : la Nouvelle République, Ouest-France puis le journal majoritaire en Maine-et-Loire : le Courrier de l’Ouest (2007-2009).

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